{"id":3331,"date":"2009-03-10T06:11:00","date_gmt":"2009-03-10T05:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/anamorphose.eu\/?p=3331"},"modified":"2026-10-15T06:22:47","modified_gmt":"2026-10-15T04:22:47","slug":"voyage-au-viet-nam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anamorphose.eu\/index.php\/2009\/03\/10\/voyage-au-viet-nam\/","title":{"rendered":"Voyage au Viet Nam"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"508\" height=\"753\" src=\"https:\/\/anamorphose.eu\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3338\" srcset=\"https:\/\/anamorphose.eu\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/image.png 508w, https:\/\/anamorphose.eu\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/image-202x300.png 202w\" sizes=\"auto, (max-width: 508px) 100vw, 508px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>1<\/strong><strong>3<\/strong><strong>m<\/strong><strong>ars 2009 \u2013 jour 0<\/strong><strong>1 \u2014<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Grenoble<\/strong>    \/     L<strong>yon    <\/strong>\/     <strong>Paris Charles de Gaulle<\/strong>   <strong>envol pour       Ho Chi Minh Ville.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Samedi 14 <\/strong><strong>m<\/strong><strong>ars 2009 \u2013 jour 02 \u2014 Ho Chi Minh Ville<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est 17 heures 15 ici, et nous sommes pos\u00e9s dans le hall de l&rsquo;h\u00f4tel, \u00e9puis\u00e9s. A 18 heures 30, notre guide nous emm\u00e8ne \u00e0 vingt minutes \u00e0 pied d\u2019ici, pour d\u00eener. Mais la journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 longue, qui a commenc\u00e9 hier, le 13 mars 2009, \u00e0 trois heures du matin, en France, quand il a fallu se lever pour aller prendre un TGV qui nous a conduit \u00e0 Roissy, apr\u00e8s avoir jou\u00e9 les omnibus. L&#8217;embarquement s&rsquo;est fait \u00e0 l&rsquo;heure pr\u00e9vue, et le d\u00e9collage aussi. Il \u00e9tait alors 12 heures 25, heure fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s 11 heures 40 de vol et quelques fuseaux horaires aval\u00e9s \u00e0 une vitesse moyenne de 950 kilom\u00e8tres heure, nous nous sommes pos\u00e9s sur l&rsquo;a\u00e9roport de Ho Chi Minh. Il \u00e9tait 6 heures 05. C\u2019\u00e9tait ce matin. Durant ce voyage, l&rsquo;\u00e9troitesse des espaces, le bruit ambiant des r\u00e9acteurs, le d\u00e9calage horaire et la position assise nous ont emp\u00each\u00e9s de bien dormir. Heureusement, nous avons pu boire et manger \u00e0 volont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;arriv\u00e9e, l&rsquo;obtention des visas et la r\u00e9cup\u00e9ration des bagages furent vite exp\u00e9di\u00e9s et nous avons pu tr\u00e8s rapidement, dans une atmosph\u00e8re chaude et humide, retrouver notre guide, le minibus et le chauffeur, pour nous conduire \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa\u00efgon, je lui pr\u00e9f\u00e8re son ancien nom et je ne suis pas le seul car nombre de Vietnamiens partagent cet avis, Sa\u00efgon donc grouille de v\u00e9los, de motos, de mobylettes de toutes sortes de marques et cylindr\u00e9es, qui se d\u00e9placent en tout sens, et ce ballet inimaginable est captivant parce qu\u2019il ressemble \u00e0 une danse mortif\u00e8re. Cinquante, cent, deux cents, deux mille deux roues qui s\u2019\u00e9lancent \u00e0 l&rsquo;assaut des carrefours o\u00f9 circulent bus et voitures, avec ceux qui remontent \u00e0 contre sens pendant que d\u2019autres se glissent malgr\u00e9 le feu rouge, s\u2019immiscent dans le trafic, et c\u2019est de la voltige, de l\u2019\u00e9vitement, de la dentelle au klaxon. Nous restons d\u2019abord h\u00e9b\u00e9t\u00e9s et p\u00e9trifi\u00e9s par toute cette agitation et puis, apr\u00e8s avoir pos\u00e9 les bagages \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, dans une chambre aveugle et climatis\u00e9e, nous nous lan\u00e7ons dans la grande aventure&nbsp;: la travers\u00e9e des rues et des carrefours. Instant \u00e9pique o\u00f9 il nous faut soudain apprendre \u00e0 faire confiance \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 tous les autres, qui arrivent en un flot continue et dense, qui, comme de l&rsquo;eau courante qui ne mouillerait pas, nous rasent sans jamais nous toucher. Et nous sommes soudain plong\u00e9s au c\u0153ur de la fluidit\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019h\u00e9sitation n\u2019est pas la bienvenue. Un champ visuel juste un peu plus large, un pas normal, sans acc\u00e9l\u00e9ration, surtout sans marche arri\u00e8re, et nous nous retrouvons, de rue en rue, de place en place, \u00e0 prendre l&rsquo;assurance indispensable \u00e0 tout d\u00e9placement p\u00e9destre dans la ville. Il reste \u00e0 rep\u00e9rer le nom des rues inscrit sur les b\u00e2ches des magasins et plus rien ne peut d\u00e9sormais nous arr\u00eater. March\u00e9s couverts, parcs, pagodes, nous avan\u00e7ons, tellement surpris et m\u00e9dus\u00e9s que m\u00eame la fatigue accumul\u00e9e se fait oublier.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, nous choisissons de d\u00e9jeuner dans un petit restaurant tr\u00e8s \u201cpopulaire\u201d, situ\u00e9 au fond d\u2019un passage. Il y a deux tables et six chaises en plastique. Le bol de soupe est tr\u00e8s bizarre, et les l\u00e9gumes \u00e9tranges. Seule la bi\u00e8re Tiger est rassurante. Nous buvons une bouteille \u00e0 deux et j&rsquo;avale une assiette de riz avant de rentrer \u00e0 l\u2019h\u00f4tel prendre un peu de repos. Nous prenons possession de la deuxi\u00e8me chambre, tout aussi borgne que la premi\u00e8re. A quatorze heures trente, nous avons rendez-vous avec notre guide pour une visite du quartier chinois, d\u2019un temple et, \u00e0 l\u2019autre bout de la ville, d\u2019une cath\u00e9drale catholique ainsi qu\u2019un bureau de poste. La travers\u00e9e du march\u00e9 dans le quartier chinois nous a fait penser \u00e0 ce que nous avions connu \u00e0 Istambul, mais l&rsquo;ambiance g\u00e9n\u00e9rale serait plut\u00f4t cubaine, dans l&rsquo;esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin, nous allons voir travailler des laqueurs qui r\u00e9alisent des tableaux \u00e0 base de nacre, mais aussi de coquilles d\u2019\u0153ufs. Extraordinaire ma\u00eetrise. Ils font des copies de peintres c\u00e9l\u00e8bres, des Picasso, des Schiele, des Klimt, etc. De retour \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, nous avons juste le temps d&rsquo;une br\u00e8ve pause et nous retrouvons Tingh. Il est 18 heures 30 et c\u2019est \u00e0 pied qu\u2019il nous conduit dans un restaurant proche o\u00f9 nous allons faire un tr\u00e8s bon repas&nbsp;: Nems, coquillages, l\u00e9gumes, lard de porc grill\u00e9, riz, bien sur, et pour finir un dessert \u00e0 base de banane, suivi d\u2019un th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous rentrons \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel \u00e0 pied. La travers\u00e9e des rues la nuit, alors que la circulation est toujours aussi dense et chaotique, ajoute du piment au p\u00e9riple. Mais toujours, partout, ce calme apparent, ces visages souriants. Tout se passe comme si rien de grave ne pouvait se produire ici. Enfin, la vigilance doit rester de rigueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 dans le hall de l&rsquo;h\u00f4tel, nous trouvons qu\u2019il est bien t\u00f4t. J\u2019avais rep\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;h\u00f4tel disposait d\u2019une terrasse au douzi\u00e8me et dernier \u00e9tage. Alors nous montons dans la salle du restaurant, tout l\u00e0-haut, et nous profitons un peu du spectacle de Sa\u00efgon by night, avant de finalement redescendre dans le quartier o\u00f9 un bar branch\u00e9, pour touristes, nous attend avec ses happy hours et ses coktails. B52 pour Jean Luc, Blue Lagoon pour Martine, Pina Collada pour Isabelle, et Cuba Libre pour moi. Apr\u00e8s cette derni\u00e8re impr\u00e9gnation de vacarme, d\u2019agitation et d\u2019alcool, nous rentrons dormir. Ouf&nbsp;!!!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dimanche 15 mars 2009 \u2013 jour 03 \u2014 Can Tho<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes arr\u00eat\u00e9s sur trois files. Seules les motos arrivent encore \u00e0 se faufiler \u00e0 droite et \u00e0 gauche, dans les deux sens. Notre guide, \u00ab\u00a0Rom\u00a0\u00bb, est parti \u00e0 pied acheter le billet pour prendre le bac qui doit nous permettre de franchir l\u2019un des sept bras du M\u00e9kong. L\u2019occasion est bonne pour \u00e9crire un peu.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais commen\u00e7ons par le commencement. Ce matin, petit d\u00e9jeuner somptueux en terrasse au douzi\u00e8me \u00e9tage de l\u2019h\u00f4tel Elios. Tout le monde a bien dormi. Nous redescendons avec nos bagages et, alors que le chauffeur empile nos sacs \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du minibus, nous voyons arriver un des membres du personnel de l&rsquo;h\u00f4tel qui nous explique, en anglais, qu\u2019une paire de tongues a disparu et qu\u2019il faut la rendre ou la payer. Hilare, j\u2019extrais de mon sac la paire en question. Alors que le brave homme s\u2019en retourne satisfait, Isabelle, rouge de honte, plonge dans son sac, en sort une magnifique paire en pur plastique naturel bleu, et lui court apr\u00e8s pour la lui rendre en s\u2019excusant. Au Vietnam, les pantouflettes resservent d\u2019un client \u00e0 l\u2019autre. \u00c0 savoir, pour l\u2019avenir et tant pis pour les mycoses. Il est 8 heures 30 et notre nouveau guide pour le sud, qui a assist\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ration, se demande bien \u00e0 qui il a \u00e0 faire. Nous apprendrons, au fil de la journ\u00e9e, qu\u2019il est \u00e2g\u00e9 de quarante-neuf ans, qu\u2019il est mari\u00e9, que son a\u00een\u00e9 a vingt et un ans, que son plus jeune fils a trois ans, et que sa fille en a treize.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre deuxi\u00e8me journ\u00e9e commence par la visite d\u2019un temple Cao Dai. Il s\u2019agit d\u2019une religion bizarre&nbsp;; enfin, pas plus qu\u2019une autre. On y trouve le Dieu des Dieux. \u00c7a, c\u2019est plut\u00f4t int\u00e9ressant. Un chef de plus, au-dessus des chefs, \u00e7a ne peut que nuire \u00e0 la bonne marche de l&rsquo;entreprise et co\u00fbter un peu plus \u00e0 tout le monde. Mais ce qui est plus surprenant ce sont les ap\u00f4tres. On y trouve p\u00eale-m\u00eale&nbsp;: Victor Hugo, Churchill, Jeanne d&rsquo;Arc, Lao Tseu et Confucius. Je n\u2019ai oubli\u00e9 personne, je crois. En tout cas, c\u2019est s\u00fbr, il n\u2019y a pas De Gaulle. Dans ce fourre-tout assez original, deux millions d\u2019adeptes se retrouvent. Ah, le paradis\u2026je les imagine volontiers discutant, autour d\u2019une tasse de th\u00e9, de la crise \u00e9conomique mondiale, avec Victor Hugo tenant dans sa main une marionnette de Sarkozy, Jacuzzi comme dit Rom, tandis que Churchill enverrait sa fum\u00e9e dans les yeux de Lao Tseu pour l&rsquo;obliger \u00e0 regarder le ciel au lieu de se fixer sur le doigt de Confucius.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la route Mandarine nous attend, celle qui va nous permettre de rejoindre Mytho. De l\u00e0, nous embarquons pour les quatre \u00eeles qui repr\u00e9sentent les quatre grands symboles du Vietnam, la Tortue pour la long\u00e9vit\u00e9, le Ph\u0153nix pour la beaut\u00e9, le Dragon pour sa puissance et enfin la Licorne pour la prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lundi 16 mars 2009 \u2013 jour 04 \u2013 Can Tho \/ Ho Chi Minh Ville<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rom a demand\u00e9 que nous soyons pr\u00eats de bonne heure pour visiter le march\u00e9 flottant avant la ru\u00e9e des cars touristiques. Alors nous avons mis nos r\u00e9veils \u00e0 sonner. 6 heures 30\u2026 dur, dur. Nous serions bien rest\u00e9s couch\u00e9s. Mais nous ne sommes pas venus jusqu\u2019ici pour flemmarder. Alors nous voil\u00e0, install\u00e9s autour d\u2019une table ronde dans la salle du restaurant, \u00e0 boire du caf\u00e9 noir tr\u00e8s fort, et \u00e0 d\u00e9vorer les fruits, les tartines, et pour ceux qui aiment, une vari\u00e9t\u00e9 de plats chauds ou froids dignes d\u2019un repas de midi. Et puis c\u2019est le d\u00e9part. \u00c0 pied nous rejoignons l\u2019embarcad\u00e8re o\u00f9 Rom a n\u00e9goci\u00e9 pour nous un petit bateau. Et nous nous retrouvons soudain tous les six, le pilote, nous et le guide, \u00e0 nous faufiler entre les barques et les sampans du march\u00e9 sur l\u2019eau. Spectacle en soi que ces enchev\u00eatrements de coques couvertes de fruits, de l\u00e9gumes et de tout ce qui peut se vendre sur un march\u00e9. Et nos objectifs ne savent plus o\u00f9 donner du grand angle et du zoom. Nous sommes comme des fous, \u00e0 chercher quel sourire de femme, quel regard d\u2019homme, quelle posture, quelle couleur, pourraient transmettre cette impression que nous avons d\u2019\u00eatre au c\u0153ur de cette vie-l\u00e0. Nous nous arr\u00eatons un moment pour d\u00e9guster, sur une de ces embarcations, un ananas que le vendeur a pr\u00e9par\u00e9 pour nous. Sa perche ne portait que \u00e7a&nbsp;: un ananas. Il ne vendait que \u00e7a&nbsp;: des ananas. Car il faut que je vous dise&nbsp;: sur les photos, regardez les perches dress\u00e9es \u00e0 la proue ou \u00e0 la poupe des navires. Elles sont comme le catalogue de ce que l\u2019on trouve en vente \u00e0 bord.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous \u00e9tions bien sur l\u2019eau, nous sommes partis \u00e0 remonter un des canaux qui d\u00e9bouchent sur le fleuve, un arroyo comme ils les appellent. Apr\u00e8s nous \u00eatre gliss\u00e9 sous le pont au tirant d\u2019air si bas qu\u2019il a fallu d\u00e9monter un peu la b\u00e2che qui nous prot\u00e9geait du soleil&nbsp;, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 remonter entre deux rives verdoyantes o\u00f9 se bousculent les vergers, au milieu desquels surgit parfois une maison avec des gens affair\u00e9s, dans le calme extraordinairement doux d\u2019une nature luxuriante et g\u00e9n\u00e9reuse. L\u2019eau, ici, est un lieu de vie. Les gens y lavent leurs v\u00eatements, y pr\u00e9parent leurs salades, se nettoient ou s\u2019y baignent, y p\u00eachent bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de cette promenade, nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s pour visiter un de ces vergers magnifiques et nous avons pu d\u00e9couvrir, avec Rom, les fruits et les fleurs qui y poussaient et puis, ensuite, les go\u00fbter, les uns comme les autres. Autour de nous, les gens qui vivent ou travaillent l\u00e0, toujours chaleureux et bienveillants, nous offrent la possibilit\u00e9 de boire un th\u00e9, de d\u00e9guster un fruit ou de nous asseoir un moment. Mais il nous faut repartir, au fil de l\u2019eau, dans cette qui\u00e9tude bienheureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que nous d\u00e9bouchons sur le fleuve, Rom nous explique qu\u2019il a organis\u00e9, avec le patron du bateau et le chauffeur de notre minibus, une travers\u00e9e et un rendez-vous sur l\u2019autre rive qui nous \u00e9vitera une longue attente au bac. C\u2019est pour nous l\u2019occasion de nous sentir une nouvelle fois tout petits au milieu de ce g\u00e9ant magnifique qu\u2019est le M\u00e9kong, couvert de jacinthes d\u2019eau d\u00e9rivant au milieu des barques et des cargos.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019apparition, au loin, des gigantesques piliers du futur pont hauban\u00e9 qui supprimera les tracas et les attentes interminables aux bacs est l\u2019occasion d\u2019un \u00e9change avec Rom sur la diff\u00e9rence entre les ponts hauban\u00e9s et les ponts suspendus. Dessins \u00e0 l\u2019appui, nous nous comprenons bien.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019arriv\u00e9e sur l\u2019autre rive, comme pr\u00e9vu, le chauffeur nous attend et nous repartons pour Ho Chi Min. Nous sommes environ \u00e0 vingt minutes de notre h\u00f4tel quand la pluie arrive soudainement. Pluie tropicale chaude mais violente. Le spectacle des deux roues qui arrivent de partout, avec des pilotes couverts de p\u00e8lerines cyclistes en tout genre, avec des passagers cach\u00e9s sous leurs pans, dont on ne voit plus que les jambes pendantes, est hallucinant. L\u2019eau n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019\u00e9vacuer et forme des ruisseaux qui s\u2019\u00e9largissent en nappes profondes sur la chauss\u00e9e&nbsp;; Et tout ce petit monde motoris\u00e9 semble ignorer ces avatars. Les trajectoires continuent de se fr\u00f4ler, de se croiser, de s\u2019\u00e9viter. La nuit qui est tomb\u00e9e rapidement ne change rien \u00e0 l\u2019affaire et le ballet des phares, ponctu\u00e9 de coups de klaxon, n\u2019en est que plus \u00e9trange tandis que les pilotes des engins et leurs compagnons ou leur famille ont compl\u00e8tement disparu sous de fantomatiques v\u00eatements de pluie color\u00e9s qui flappent au vent de la vitesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis la pluie s\u2019arr\u00eate, comme elle a commenc\u00e9, d\u2019un coup. Nous arrivons \u00e0 notre h\u00f4tel. Quelques gouttes qui n\u2019ont pas entendu l\u2019ordre de cesser continuent de venir mourir sur le pare-brise. Alors notre chauffeur s\u2019\u00e9vertue \u00e0 glisser le minibus le plus loin possible sous l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019h\u00f4tel. Quand je vous dis que les gens sont adorables au Vietnam.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir fait une courte pause, pris une douche, mis les batteries en charge et s\u2019\u00eatre connect\u00e9 \u00e0 Internet, nous partons \u00e0 la recherche du restaurant o\u00f9 nous avions fait faire une r\u00e9servation en arrivant tout \u00e0 l\u2019heure. Jean-Luc, le plan \u00e0 la main est, comme toujours dans ces situations, imp\u00e9rial et nous y conduit sans coup f\u00e9rir. Nous ne sommes pas d\u00e9\u00e7us. Le restaurant, apparemment tr\u00e8s connu des Vietnamiens, est une mine d\u2019or pour qui veut d\u00e9couvrir les multiples facettes de la cuisine du pays. Un vrai r\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce qu\u2019il faut bien dig\u00e9rer un peu, notre retour s\u2019effectue avec maints d\u00e9tours. M\u00eame \u00e0 cette heure tardive, nous traversons des march\u00e9s anim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on se couche, on dort. Enfin, certains. J\u2019en suis.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de sombrer, il faut que je vous dise une chose importante. Le Vietnam est un pays bord\u00e9 par trois mers&nbsp;: la mer de Chine, la mer orientale, et la mer de l\u2019est. En fait il s\u2019agit de la m\u00eame eau mais que les Vietnamiens appellent diff\u00e9remment selon qu\u2019ils sont du nord, du sud, ou un peu m\u00e9lancoliques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mardi 17 mars 2007 \u2013 Jour 05 \u2013 Ho Chi Minh Ville \/ Da Lat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est 19 heures et nous arrivons \u00e0 notre h\u00f4tel \u00e0 Da Lat. Ce fut une journ\u00e9e difficile, car la route pour arriver jusqu\u2019ici depuis Sa\u00efgon est assez tortueuse. En fait, le voyage \u00e0 lui seul \u00e9tait riche. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 les rives du M\u00e9kong et enjamb\u00e9 quelques-uns de ses bras, nous remontons vers le nord. De temps en temps un bouddha nous sourit depuis le bord de la route. Nous doublons et nous croisons des groupes de jeunes gens en uniforme qui vont ou viennent du lyc\u00e9e. Nous regardons, incr\u00e9dules, les incroyables motos aux chargements extravagants et puis nous d\u00e9jeunons au bord d\u2019une rivi\u00e8re. Un repas comme toujours tr\u00e8s bon et tr\u00e8s vari\u00e9. Ensuite, sur notre chemin, une pause nous permet de d\u00e9couvrir le travail \u00e0 la main de la pr\u00e9paration du th\u00e9 vert. Cueillette, s\u00e9chage, triage, tout un processus \u00e0 la fois sommaire mais pr\u00e9cis. Plus loin, ce sont des plantations de caf\u00e9 que nous prenons le temps de parcourir. Et puis nous retrouvons les \u00e9ternelles rizi\u00e8res, toujours tr\u00e8s vertes par ici. Quelques troupeaux de buffles musardes sur le bord de la route, qu\u2019ils traversent parfois, histoire de v\u00e9rifier que les chauffeurs sont attentifs. Au programme il \u00e9tait pr\u00e9vu la visite d\u2019un site avec une cascade. Nous tombons sur une grille ferm\u00e9e qu\u2019Isabelle aurait bien contourn\u00e9e. Mais bon, rater une cascade, ce n\u2019est pas ce qui peut contrarier des grenoblois habitu\u00e9s \u00e0 en voir de tr\u00e8s hautes et de tr\u00e8s belles tout pr\u00e8s de chez eux. Ce n\u2019\u00e9tait tout de m\u00eame pas les chutes du Zamb\u00e8ze qui nous attendaient \u00e0 cet endroit. Avant la nuit nous arrivons juste \u00e0 temps pour faire un petit tour dans un parc o\u00f9 s\u00e9journent quelques \u00e9l\u00e9phants et une dizaine d\u2019autruches.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous arrivons \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, Martine confirme que le mal de t\u00eate qui avait point\u00e9 le bout de son nez vers la fin du voyage s\u2019est bien install\u00e9. Elle choisit donc de nous abandonner et elle se couche avec une solide dose de calmants.<\/p>\n\n\n\n<p>Da Lat by night, sans elle, nous invitons nos deux comp\u00e8res, le guide et le chauffeur \u00e0 partager notre table pour le d\u00eener. Comme la journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9&nbsp;rude, nous nous contentons d\u2019une ou deux photos et nous nous souhaitons une bonne nuit. L\u2019h\u00f4tel, d\u2019ailleurs, n\u2019en est pas un. C\u2019est une pension de famille. La patronne est charmante et parle un tr\u00e8s bon fran\u00e7ais, les chambres sont agr\u00e9ables. Nous verrons demain ce que sera le petit d\u00e9jeuner.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi 18 <\/strong><strong>m<\/strong><strong>ars 2009 \u2013 Jour 06 \u2013 Da Lat \/ Buon Me Thuot<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La nuit a \u00e9t\u00e9 bonne et la migraine a quitt\u00e9 la t\u00eate de Martine. C\u2019est donc dans une tr\u00e8s bonne humeur que nous nous retrouvons \u00e0 la table d\u2019h\u00f4tes, avec une jeune femme d\u2019origine canadienne qui voyage apparemment seule mais qui semble avoir retrouv\u00e9 l\u00e0 un compagnon. Le petit d\u00e9jeuner est \u00e0 la hauteur de ce que nous avons connu jusque-l\u00e0 et c\u2019est en pleine forme que nous partons visiter le march\u00e9 de Da Lat, bonne occasion pour nous de faire des photos, \u00e9videmment. Et puis nous reprenons le bus qui nous emm\u00e8ne \u00e0 la porte du jardin botanique en suivant les bords du lac. On pourrait presque se croire \u00e0 Annecy, avec les palmiers en plus. La visite du jardin est int\u00e9ressante et Martine rel\u00e8ve des noms de plantes et se renseigne abondamment.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin, sur la route, Rom fait s\u2019arr\u00eater le chauffeur et nous d\u00e9couvrons un site incroyable o\u00f9 l\u2019on trouve \u00e0 la fois des sculptures, des peintures, mais aussi, et j\u2019ai envie de dire, surtout, des broderies d\u2019une beaut\u00e9 et d\u2019une finesse d\u2019ex\u00e9cution \u00e0 couper le souffle. Ce que nous trouvons unanimement extraordinaire, ce sont des paravents faits d\u2019une soie transparente sur laquelle sont brod\u00e9s des motifs floraux. C\u2019est d\u2019une \u00e9l\u00e9gance incroyable. Les h\u00f4tesses du lieu le sont tout autant, dans leurs costumes traditionnels roses, blancs ou rouges.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, nous allons passer notre premi\u00e8re nuit chez l\u2019habitant et j\u2019appr\u00e9hende un peu. Mais la route, tr\u00e8s tortueuse, se laisse oublier tant les paysages travers\u00e9s sont vari\u00e9s. C\u2019est l\u2019occasion de saisir \u00e0 la vol\u00e9e des images d\u2019habitations tr\u00e8s diversifi\u00e9es. On trouve successivement une maison dont les murs sont faits de feuilles tress\u00e9es tandis qu\u2019un peu plus loin une maison spacieuse, construite en dur, arbore un magnifique cr\u00e9pi bleu clair. Et puis, plus loin encore, une maison tout faite de planches et couverte d\u2019un toit de t\u00f4les ondul\u00e9es. Nous traversons des villages dont la rue principale ressemble presque toujours \u00e0 un march\u00e9 tant les commerces se succ\u00e8dent les uns aux autres. Notre route s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 flanc de montagne et nous d\u00e9couvrons des lacs, des rivi\u00e8res et \u2026 des rizi\u00e8res, bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, nous retrouvons notre Guide locale qui se d\u00e9sesp\u00e9rait de notre retard en patientant gentiment au bord de la route. Elle monte \u00e0 l\u2019avant, Rom se joint \u00e0 nous&nbsp;; \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et nous voil\u00e0 repartis pour les derniers kilom\u00e8tres qui vont nous amener chez les M\u2019nongs. Mais, avant d\u2019entrer dans le village, nous nous arr\u00eatons pr\u00eat d\u2019un b\u00e2timent aux allures modernes dans lequel, bien qu\u2019il soit bient\u00f4t 14 heures, notre repas de midi nous attend. Nous sommes install\u00e9s dans une vaste pi\u00e8ce et notre table fait face \u00e0 une \u00e9tendue d\u2019eau. Ouf, on est bien. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre bien rassasi\u00e9s, nous commen\u00e7ons notre visite par une maison de type M\u2019nong, sur pilotis, que des hommes sont en train de couvrir de roseaux s\u00e9ch\u00e9s. Nous apprenons que cette op\u00e9ration doit \u00eatre effectu\u00e9e tous les ans. Ouf&nbsp;! C\u2019est l\u2019occasion pour nous de nous faire une id\u00e9e sur ce que sera notre h\u00f4tel ce soir. Le plancher, fait de bambous et de planches disjointes n\u2019offre pas une surface tr\u00e8s herm\u00e9tique, mais bon, nous sommes \u00e0 un bon m\u00e8tre du sol. C\u2019est l\u2019occasion pour nous de d\u00e9couvrir que les \u00e9chelles d\u2019acc\u00e8s, taill\u00e9es dans un tronc d\u2019arbre, sont diff\u00e9rentes selon que l\u2019on est un homme ou une femme. Celle r\u00e9serv\u00e9e aux hommes se termine par deux seins bien ronds et fermes sculpt\u00e9s directement dans le bois, tandis que celle des femmes reste cylindrique mais\u2026 plus longue, \u00e9videmment.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est apr\u00e8s avoir fait un tour dans le village que nous commen\u00e7ons \u00e0 comprendre ce qui nous attend. Partout, des animaux sont l\u00e0, sous les planchers des maisons, au pied des \u00e9chelles. Des cochons se vautrent dans des mares de boue, ou se battent pour d\u00e9vorer les soupes qu\u2019on leur verse dans des \u00e9cuelles. Partout des chiens sales, qui grognent, quand ils ne sont pas purement et simplement \u00e9gorg\u00e9s pour \u00eatre mang\u00e9s. Finalement, Thoa, c\u2019est le nom de notre guide, une jeune femme qui a fait une th\u00e8se sur ces peuplades, nous emm\u00e8ne voir notre g\u00eete pour la nuit. Il ressemble en tout point \u00e0 la maison visit\u00e9e au d\u00e9but. Mais l\u2019environnement n\u2019a pas grand-chose \u00e0 voir. Apparemment, les propri\u00e9taires sont de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019un rideau tendu en travers de la pi\u00e8ce ou nous allons dormir. Si je n\u2019avais pas fait le tour par l\u2019ext\u00e9rieur et si je n\u2019avais pas eu l\u2019audace de faire une photo de la femme qui se trouvait l\u00e0, en train de pr\u00e9parer son repas, et de cette autre, tr\u00e8s vieille, qui se tenait pelotonn\u00e9e dans son coin, \u00e0 l\u2019autre bout de la terrasse en hauteur, nous n\u2019aurions jamais pu conna\u00eetre leur t\u00eate. Notre s\u00e9jour chez l\u2019habitant se limitera \u00e0 ces lits au confort si sommaire que personne ne va r\u00e9ussir \u00e0 dormir, sauf Isabelle qui ne dort bien que quand les autres ne dorment pas, mais qui devra se contenter de pisser au pied de l\u2019\u00e9chelle, tant la pr\u00e9sence proche des chiens et autres buffles, cochons et couv\u00e9es sont inqui\u00e9tant. Au petit jour, Martine, qui ne cessait pas de se gratter, persuad\u00e9e qu\u2019elle \u00e9tait d\u2019\u00eatre couverte de puces, d\u00e9couvre qu\u2019elle \u00e9tait la proie des fourmis qui avaient trouv\u00e9 le chemin de son sac et des sucreries qui s\u2019y cachaient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jeudi 19 mars 2009 \u2013 jour 07 \u2013 Buon Me Thuot \/ Pleiku<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9veil est tr\u00e8s matinal, et le mot r\u00e9veil est impropre car pour se r\u00e9veiller, il faut avoir dormi. Le bilan fait de cette exp\u00e9rience malheureuse, nous cherchons \u00e0 rassembler l\u2019\u00e9nergie indispensable pour attaquer cette seconde journ\u00e9e. La beaut\u00e9 du lac au petit jour nous fait oublier assez vite nos courbatures et nos paupi\u00e8res lourdes. Nous partons prendre le petit d\u00e9jeuner dans la maison communale situ\u00e9e hors du village et nos contacts avec cette ethnie se limiteront \u00e0 quelques regards furtifs et \u00e0 la soir\u00e9e de la veille o\u00f9 nous avons pu \u00e9changer un peu, par guide interpos\u00e9e, avec une jeune fille et son fr\u00e8re qui suivent des \u00e9tudes \u00e0 la grande ville \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et n\u2019aspirent qu\u2019\u00e0 une chose, vivre ailleurs. On les comprend.<\/p>\n\n\n\n<p>Au programme de la journ\u00e9e, il est pr\u00e9vu une ballade \u00e0 dos d\u2019\u00e9l\u00e9phants et nous nous retrouvons perch\u00e9s sur deux grosses b\u00eates qui vont nous porter jusqu\u2019aux rives du lac et puis\u2026 nous faire traverser, aussi bien en marchant dans les parties peu profondes qu\u2019en nageant le reste du temps. Moment impressionnant quand, de cette \u00e9norme b\u00eate qui porte un cornac, trois adultes et une nacelle en acier soud\u00e9e, ne d\u00e9passe plus que le sommet de la t\u00eate et, de temps \u00e0 autre, la trompe par laquelle elle respire. L\u2019arriv\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 est assez chaotique, car le fond se rel\u00e8ve vite. Ensuite nous nous prom\u00e8nerons un peu dans un autre village de la m\u00eame ethnie, sans voir grand monde. Et puis nous retraverserons le lac sur deux pirogues manipul\u00e9es alternativement avec une perche et avec une rame. Ces bateaux sont tr\u00e8s vieux. D\u2019apr\u00e8s notre guide, une centaine d\u2019ann\u00e9es. Ils sont faits d\u2019un seul tronc d\u2019arbre creus\u00e9. Le bois est gris, mais a d\u00fb \u00eatre noir. Nous n\u2019arriverons pas \u00e0 avoir la certitude qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9b\u00e8ne. Quelques photos plus tard, nous retrouvons notre minibus, notre chauffeur et nos deux guides car Thoa profite de notre v\u00e9hicule pour rejoindre Pleiku. Sur le chemin du retour nous prendrons un tr\u00e8s bon repas avec une pr\u00e9sentation des plats particuli\u00e8rement soign\u00e9e. Lors des nombreux arr\u00eats pipi, l\u2019occasion nous sera donn\u00e9e de p\u00e9n\u00e9trer dans une plantation de poivriers. Rom, qui a, lui aussi pass\u00e9 une tr\u00e8s mauvaise nuit, profite d\u2019une route pas trop chaotique pour r\u00e9cup\u00e9rer un peu. Dors bien, Rom, nous avons encore besoin de toi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vendredi 20 mars 2009 \u2013 jour 08 \u2013 Pleiku \/ Dan Nang \/ Hoi Han \/ My Son<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil, 5 heures 30 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Hoang. Le confort et le luxe n\u2019y sont qu\u2019apparents. En fait il s\u2019agit d\u2019une grossi\u00e8re usine \u00e0 touristes et \u00e0 soir\u00e9es pour cadres \u00ab&nbsp;dynamiques&nbsp;\u00bb. D\u00e8s que l\u2019on regarde d\u2019un peu plus pr\u00e8s, les malfa\u00e7ons apparaissent et les n\u00e9gligences aussi. Mais bon, le lit est large et accueillant. Nous n\u2019en demandions pas plus et nous avons pu r\u00e9cup\u00e9rer de la sorte une bonne partie du retard accumul\u00e9 la veille.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis notre balcon au douze ou treizi\u00e8me \u00e9tage, nous avons aper\u00e7u Rom et notre chauffeur attabl\u00e9s dans un petit bar en face qui prenaient leur petit d\u00e9jeuner. Le temps pour nous de faire de m\u00eame et, \u00e0 6 heures 30 nous les retrouvons qui nous attendent, tout sourire, comme tous les jours. Nous chargeons les bagages et nous partons vers l\u2019a\u00e9roport de Pleiku. La route est une grande ligne droite tr\u00e8s longue. La circulation y est faible. A 7 heures nous sommes dans le hall. S\u00e9ance \u00e9motion. Nous disons au revoir \u00e0 Rom et au chauffeur. L\u2019enregistrement des bagages se passe bien et nous voil\u00e0 install\u00e9s dans la salle d\u2019embarquement, \u00e0 attendre le vol VN343 pour Da Nang.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un ATR72 qui nous emporte et, gr\u00e2ce \u00e0 ses ailes hautes, le d\u00e9collage nous permet d\u2019appr\u00e9cier les rizi\u00e8res qui occupent le fond des vall\u00e9es, dessinant des coul\u00e9es vertes au milieu des montagnes qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent ici jusqu\u2019\u00e0 2000 m\u00e8tres d\u2019altitude. Apr\u00e8s un court passage en plafond, nous entamons la descente vers Da Nang. Il faut d\u2019abord franchir une mer de nuages et puis\u2026 ouf&nbsp;! sous nous pieds, \u00e0 perte de vue, des rizi\u00e8res, des fleuves, des \u00eeles, des bateaux, des villages, une ville, un film.<\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur Chuong nous attend. Notre vol, arriv\u00e9 un peu en avance a pris de court le chauffeur et nous l\u2019attendons. La chose est peu habituelle. Une fois les bagages embarqu\u00e9s, ce nouveau couple nous conduit \u00e0 My Son pour notre premi\u00e8re visite de la journ\u00e9e. Il s\u2019agit d\u2019un site Cham o\u00f9 subsistent les seuls vestiges connus de leur civilisation, qui s\u2019est \u00e9tendue sur une p\u00e9riode allant du 5<sup>\u00e8me<\/sup> au 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Ils venaient de Malaisie et de Polyn\u00e9sie. H\u00e9las, une partie du site a \u00e9t\u00e9 gravement endommag\u00e9e par les bombardements des B52 lors de la guerre am\u00e9ricaine alors que ces temples ont la particularit\u00e9 de laisser planer un myst\u00e8re sur leur technique de construction. \u00c0 ce jour, on ignore encore comment ils s\u2019y sont pris pour r\u00e9aliser ces \u00e9difices, tant les liaisons entre les briques sont fines.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir laiss\u00e9 les m\u00e2nes des Chams reposer en paix, nous faisons un d\u00e9tour oblig\u00e9 par une marbrerie. La r\u00e9gion en regorge, en raison de la pr\u00e9sence partout de collines de marbres brut avec des veinages particuli\u00e8rement riches en formes et en couleurs. Ensuite nous longeons la mer jusque vers Ho\u00ef An. La route est bord\u00e9e d\u2019h\u00f4tels en construction ou d\u00e9j\u00e0 construits. Dans dix ans, la plage ici ressemblera \u00e0 celle de Cancun au Mexique. Dommage. Le n\u00f4tre se situe pr\u00e8s du centre-ville. Il s\u2019appelle Hoi An Ancient House Resort. Il est superbe. Les chambres sont r\u00e9parties dans une succession de petits immeubles de un \u00e0 deux niveaux qui ceinturent un jardin au milieu duquel nous attend une magnifique piscine ronde. Chaque chambre s\u2019ouvre par une large porte fen\u00eatre donnant sur une terrasse. Mais nos estomacs crient famine et notre guide nous conduit dans un restaurant situ\u00e9 tout pr\u00e8s de la vieille ville, en fait, sur l\u2019autre rive du canal. L\u00e0 encore, install\u00e9s en terrasse, nous avons tout le loisir d\u2019appr\u00e9cier, en m\u00eame temps que les mets, la vue sur les maisons anciennes de Hoi An. C\u2019est un port n\u00e9 au seizi\u00e8me si\u00e8cle qui a perdu sa raison d\u2019exister en m\u00eame temps que les alluvions l\u2019\u00e9loignaient de la mer. Le charme est rest\u00e9, d\u2019autant que la ville a \u00e9chapp\u00e9 aux bombardements.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mets, parlons-en. Ici, comme ailleurs, tout est bon, depuis la soupe jusqu\u2019aux l\u00e9gumes en passant par le porc sucr\u00e9 sal\u00e9 et le dessert. Une petite tasse de th\u00e9 nous est offerte \u00e0 la fin du repas et nous repartons visiter la ville apr\u00e8s avoir r\u00e9gl\u00e9 nos de bouteilles de Tiger de 640 millilitres&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion de cette visite que nous pourrons suivre le parcours de la soie, depuis le ver \u00e2g\u00e9 d\u2019un jour qui se goinfre de feuilles de m\u00fbrier, jusqu\u2019\u00e0 la confection du fil \u00e0 partir des cocons \u00e9bouillant\u00e9s, les teintures, le tissage et enfin, les v\u00eatements et accessoires divers qui sont r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 partir de ce prodige naturel et l\u2019id\u00e9e g\u00e9niale de ceux qui ont su en tirer parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Visites de maisons, visites de temples, spectacle de danse se succ\u00e8dent ainsi jusqu\u2019au soir o\u00f9 nous regagnons notre h\u00f4tel et les bords de la piscine. Le bain s\u2019impose et l\u2019ap\u00e9ritif aussi. Nous l\u2019avons bien m\u00e9rit\u00e9. Quelle bonne id\u00e9e d\u2019avoir apport\u00e9 de la Chartreuse. Leurs boissons manquent un peu d\u2019alcool \u00e0 notre go\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu de repos sur les barquettes et il est temps de repartir en ville, le guide du routard \u00e0 la main, \u00e0 la recherche du restaurant id\u00e9al. Bingo, c\u2019est l\u2019occasion pour nous de d\u00e9couvrir encore d\u2019autres fa\u00e7ons de cuisiner. Cette fois nous sommes sur un balcon qui domine la ville. Une table de quatre, tout seuls, tranquille, g\u00e9nial. Le centre du Vietnam, c\u00f4t\u00e9 confort, tout va pour le mieux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Samedi 21 mars 2009 &#8211; Jour 09 \u2013 Hoi An \/ H<\/strong><strong>u<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous r\u00e9veillons dans notre tr\u00e8s bel h\u00f4tel. Apr\u00e8s avoir pris notre petit d\u00e9jeuner en profitant de la vue sur le jardin et la piscine, nous allons jeter un \u0153il \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, car nous avons remarqu\u00e9 une maison habit\u00e9e ou est install\u00e9e une petite fabrique artisanale de galettes de riz. Nous suivons, tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9s, le processus simple mais efficace qui est en place. Une femme, assez \u00e2g\u00e9e et une autre femme, plus jeune, sont toutes les deux install\u00e9es devant deux marmites d\u2019eau en \u00e9bullition sur lesquelles est tendu un drap. C\u2019est sur ce drap qu\u2019elles r\u00e9pandent, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une louche, la p\u00e2te tr\u00e8s liquide qu\u2019elles couvrent ensuite. Elles proc\u00e8dent en alternance. Pendant que l\u2019une des deux p\u00e2tes cuit sous le couvercle en m\u00e9tal, l\u2019autre est enlev\u00e9e avec une baguette et pos\u00e9e, pli\u00e9e en deux, sur une sorte de claie de bambou tress\u00e9. Pendant ce temps une jeune fille qui a en charge d\u2019entretenir le feu sous les marmites, r\u00e9cup\u00e8re les galettes, les d\u00e9ploient sur une autre claie, qui, lorsqu\u2019elle est enti\u00e8rement recouverte, est emport\u00e9e dehors pour le s\u00e9chage \u00e0 l\u2019air libre. On peut parler d\u2019une certaine forme de Stakhanovisme. Il fait chaud dans la pi\u00e8ce et le rythme est soutenu.&nbsp;Je tourne une petite s\u00e9quence film\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis nous retrouvons monsieur Chuong qui nous accompagne dans la visite de la vieille ville. Il \u00e9coute, entre deux commentaires tr\u00e8s scolaires, nos questions qui le surprennent parfois et le d\u00e9routent. Notre m\u00e9lange de curiosit\u00e9 intellectuelle et de d\u00e9sirs primaires comme les prises de vues ou l\u2019envie de voir comment se fabrique un b\u00e2ton d\u2019encens le laissent perplexe.<\/p>\n\n\n\n<p>La route vers Hu\u00e9 passe par un tr\u00e8s sympathique restaurant o\u00f9 nous nous trouvons en m\u00eame temps qu\u2019un mariage et Jean-Luc en profite pour mitrailler \u00e0 tout-va les mari\u00e9s. Nous craignons un instant de le voir partir avec la noce. Mais le repas le retient avec nous. Ensuite la mont\u00e9e vers le Col des nuages par la route Mandarine nous permet d\u2019appr\u00e9cier de tr\u00e8s beaux paysages, car la m\u00e9t\u00e9o nous est favorable et ne confirme pas le nom donn\u00e9 \u00e0 ce passage \u00e9lev\u00e9 de 573 m\u00e8tres au-dessus du niveau de la mer. C\u2019est l\u2019occasion, du sommet de ce col, de faire quelques beaux clich\u00e9s de notre route, avec fond de bleu&nbsp;; Ah, la route Mandarine, celle qui, d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre du Vietnam, permettait aux pr\u00e9tendants de devenir Mandarin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le col franchi, nous entamons une longue descente sur Hu\u00e9. Et nous retrouvons des fleuves, des rizi\u00e8res et la mer avec ses sampans. Comme les choses s\u00e9rieuses ne supportent pas de retard, monsieur Chuong nous conduit \u00e0 la cit\u00e9 interdite, un ensemble monumental de palais, qui fut en partie d\u00e9truit et que les Vietnamiens s\u2019emploient \u00e0 reconstruire \u00e0 l\u2019identique. Ce que nous avons pu voir achev\u00e9, montre que le savoir faire est toujours l\u00e0. Nous pouvons y observer des photos du dernier empereur, sans aucun doute l\u2019anc\u00eatre de Jean-Luc. Comment pourrait-il en \u00eatre autrement&nbsp;? L\u2019ensemble est tr\u00e8s riche et ne nous laisse pas indiff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 chaque jour suffit sa peine. Nous revenons vers l\u2019h\u00f4tel Asia o\u00f9 nous allons passer la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dimanche 22 mars 2009 \u2013 Jour 10 &#8211; Hu\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Matin\u00e9e libre. C\u2019est le terme employ\u00e9, par opposition, au reste du temps o\u00f9 nous sommes prisonniers de l\u2019emploi du temps que nous nous sommes impos\u00e9. Alors cette matin\u00e9e-l\u00e0, on va aller voir en face, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve, car il y a, l\u00e0-bas, un immense march\u00e9 couvert. Et on revient avec des chapeaux, des fringues, et quelques VietNamDongs en moins. C\u2019est le jeu logique du touriste avec ses devises et du marchand qui cherche \u00e0 en attraper le plus possible. \u00c0 ce jeu, le touriste perd toujours. Il suffit de le savoir, chaque fois que l\u2019on joue. Les bras charg\u00e9s et les poches plus l\u00e9g\u00e8res nous revenons \u00e0 l\u2019h\u00f4tel o\u00f9 Chuong nous attend pour le repas de midi. Ensuite, nous embarquons \u00e0 bord d\u2019un sampan et nous partons pour une croisi\u00e8re sur la rivi\u00e8re des parfums. Nous visiterons un village sur l\u2019eau, constitu\u00e9 de sampans habit\u00e9s. Ensuite, nous remonterons le fleuve jusqu\u2019\u00e0 la pagode Tien Mu, pagode de la dame c\u00e9leste. L\u00e0, nous retrouvons notre minibus qui nous emm\u00e8nera voir les mausol\u00e9es de Minh Mang et de Tuc Duc.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute parce que nous l\u2019avions \u00e9voqu\u00e9 hier, nous nous arr\u00eatons pour visiter une fabrique de b\u00e2tons d\u2019encens, et un peu plus loin, une autre consacr\u00e9e aux chapeaux coniques.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, les douches nous attendent. Le temps de se relaxer un peu et nous grimpons au dernier \u00e9tage o\u00f9 des cocktails nous sont offerts au bord de la piscine. Prudents, nous sommes mont\u00e9s avec notre Chartreuse jaune. Bonne id\u00e9e, ma foi.<\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur Chuong nous avait conseill\u00e9 un restaurant et nous y allons. Au menu, dix plats, un dessert et un verre d\u2019alcool de riz. C\u2019est une belle maison. On nous propose une place sur un balcon au premier \u00e9tage. Nous sommes tr\u00e8s bien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lundi 23 mars 2009 \u2013 Jour 11 \u2013 <\/strong><strong>H<\/strong><strong>u\u00e9 \/ Ha <\/strong><strong>N<\/strong><strong>oi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil 5 heures 30. La nuit fut bonne, la climatisation pas trop pr\u00e9sente, et notre petit d\u00e9jeuner au Septi\u00e8me \u00e9tage, au bord de la piscine, avec une belle vue sur la ville fut tr\u00e8s agr\u00e9able. Comme convenu, monsieur Chuong nous attend dans le hall de l\u2019h\u00f4tel et nous grimpons dans le minicar Mercedes pour la derni\u00e8re fois, direction l\u2019a\u00e9roport de Hu\u00e9, treize kilom\u00e8tres plus loin. \u00c0 cette heure matinale, la circulation est tr\u00e8s tr\u00e8s dense car chacun se rend, qui sur son lieu de travail, qui \u00e0 son lyc\u00e9e, qui \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Et tout ce monde se croise, se double, \u00e0 grand renfort de Klaxon et d\u2019\u00e9vitements. Pour ajouter au spectacle nous longeons la voie ferr\u00e9e o\u00f9 un train de marchandise nous accompagne. Dans la cabine de la locomotive, nous apercevons deux hamacs qui nous confirment que cette cabine sert aussi de salle de repos pour les conducteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019embarquement a lieu \u00e0 bord d\u2019un airbus A320 de la Vietnam Airlines.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019heure \u00e0 Hanoi. Lors de l\u2019approche, une fois crev\u00e9 le plafond de nuages, nous d\u00e9couvrons un pays tout autant travers\u00e9 de rivi\u00e8res et color\u00e9 de rizi\u00e8res. Les bagages r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s nous retrouvons le guide qui finira le voyage avec nous. Il s\u2019appelle Tuan et il est \u00e2g\u00e9 de vingt-huit ans, l\u2019\u00e2ge de la fille de Jean-Luc. Il parle un tr\u00e8s bon fran\u00e7ais et nous explique en quelques mots ce qui nous attend. Mais d\u2019abord il faut rentrer sur le centre de Hanoi et plus exactement au centre du centre, o\u00f9 notre h\u00f4tel, le Hang Ngnoc H\u00f4tel, est situ\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant que nous connaissons un peu Saigon, un peu Hu\u00e9, l\u2019arriv\u00e9e sur Hanoi nous impressionne moins, m\u00eame si nous retrouvons avec un peu de stress, l\u2019ambiance sonore et visuelle surcharg\u00e9e. Cette impression ira grandissante au fur et \u00e0 mesure que nous p\u00e9n\u00e9trerons cette ville sans aucun doute plus active, m\u00eame si nous ressentons, ici encore, cette incroyable fluidit\u00e9 de tous les instants et de tous les environnements.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre programme pr\u00e9voyait une ballade dans la vieille ville en pousse-pousse et ce fut pour nous l\u2019occasion d\u2019\u00eatre au c\u0153ur de cette circulation un peu effrayante quand on la voit de l\u2019ext\u00e9rieur. Nous traversons les quartiers et nous retrouvons ici ce qui \u00e9tait \u00e0 Paris par le pass\u00e9. Ainsi telle rue montre des ateliers sp\u00e9cialis\u00e9s dans la fabrication de meubles, telle autre propose de la quincaillerie d\u2019ameublement, une autre encore o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre tout ce que l\u2019on peut fabriquer en inox. Et puis, ce qui est le plus \u00e9tonnant, ce sont ces magasins, \u00e9troits et longs comme des couloirs, qui proposent des chaussures, des sacs ou des tee-shirts. Un autre moment assez impressionnant est d\u2019\u00eatre l\u00e0, \u00e0 la sortie d\u2019une \u00e9cole primaire. Les p\u00e8res et les m\u00e8res arrivent avec leur moto ou leur scooter et ils repartent avec deux ou trois enfants. \u00c9tonnant pour un Europ\u00e9en de voir passer un deux roues \u00e0 quatre t\u00eates sans casque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, rien de particulier. Finalement, le repos s\u2019impose.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mardi 24 mars 2009 \u2013 Jour 12 \u2013 Ha Noi \/ Tam Coc<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil \u00e0 7 heures pour un d\u00e9part \u00e0 9 heures, un vrai bonheur. Cela faisait longtemps que nous n\u2019avions pas eu autant de temps le matin. Dire que certains pensent que nous sommes en vacances&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le bonheur est de courte dur\u00e9e, car nous tombons tr\u00e8s vite dans un bouchon spectaculaire comme nous en avons peu vu jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Au bout d\u2019une bonne heure, Isa s\u2019inqui\u00e8te. Faire Di Da\u00ef dans ces conditions rel\u00e8ve de la gageure. Enfin, apr\u00e8s un imbroglio gigantesque de camions, de voitures, de motos, nous arrivons \u00e0 nous frayer un chemin sur le bas-c\u00f4t\u00e9 droit du rond point et, en nous glissant au pied de la pile d\u2019un pont, nous nous extirpons de la masse pour nous retrouver sur l\u2019autoroute. Tout va pour le mieux. Isa aborde \u00e0 haute voix le probl\u00e8me qui la pr\u00e9occupait et\u2026 nous nous arr\u00eatons instantan\u00e9ment sur la bande d\u2019arr\u00eat d\u2019urgence o\u00f9, entre le minibus et la glissi\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, elle peut soulager son envie pressante. Il faut dire qu\u2019au Vietnam, la dur\u00e9e de vie \u00e0 cet endroit n\u2019est pas, comme en France, estim\u00e9e \u00e0 20 minutes mais \u00e0 plusieurs ann\u00e9es. On peut par exemple y rencontrer quelqu\u2019un qui vend du pain, un camion avec des gars dessous occup\u00e9s \u00e0 changer le pont, ou encore un groupe de cyclistes qui discutent.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus tard c\u2019est Jean-Luc qui, du fond de son si\u00e8ge, lance l\u2019alerte. Il a remarqu\u00e9, avec le r\u00e9troviseur, que le chauffeur s\u2019assoupissait. Mieux plac\u00e9 que lui je surveille \u00e0 mon tour et je constate qu\u2019en effet il a les gestes significatifs du conducteur qui lutte&nbsp;: il se passe la main sur les yeux, il change fr\u00e9quemment de position, les mains en haut, les mains en bas du volant, il oriente la ventilation sur lui. Malgr\u00e9 tout \u00e7a ses paupi\u00e8res se ferment et ses trajectoires deviennent incertaines en m\u00eame temps que la vitesse chute. Alors j\u2019explique au guide que nous ne sommes pas press\u00e9s et qu\u2019il serait pr\u00e9f\u00e9rable que notre ami Kahnh fasse une pause pour retrouver sa vigilance. Un peu perturb\u00e9, il convient de la chose et subtilement propose au chauffeur de nous arr\u00eater un peu \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un march\u00e9 o\u00f9 nous partons, comme toujours, avec joie, \u00e0 la chasse aux photos. Ici, les touristes ne s\u2019arr\u00eatent jamais et nous devenons tr\u00e8s vite le centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de tout ce petit monde, surtout que les deux filles ont achet\u00e9 un balai local.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce petit breack termin\u00e9, nous reprenons la route, sans encombres jusqu\u2019\u00e0 notre terminus \u00e0 Tam C\u00f4c. Notre h\u00f4tel, plut\u00f4t banal ext\u00e9rieurement, propose des chambres tr\u00e8s spacieuses, tr\u00e8s claires, avec de grands lits et une salle de bain \u00e0 l\u2019italienne. Bien que l\u2019eau soit plut\u00f4t rare \u00e0 la douche, nous faisons une petite toilette avant de passer \u00e0 table.<\/p>\n\n\n\n<p>Dix plats, un dessert, des bi\u00e8res et du caf\u00e9. La honte quoi&nbsp;! Apr\u00e8s quoi nous retrouvons notre guide et nous partons \u00e0 pied pour rejoindre un embarcad\u00e8re. Il s\u2019agit de visiter celle qu\u2019on appelle la baie d\u2019Ha Long terrestre. C\u2019est une ballade magnifique d\u2019environ deux heures, au milieu des blocs de rochers et des rizi\u00e8res. Nous sommes sur de petites barques \u00e0 fond plat et nous avan\u00e7ons au ras de l\u2019eau. \u00c0 trois reprises nous franchissons des tunnels naturels o\u00f9 il nous faut baisser la t\u00eate \u00e0 certains endroits. Et c\u2019est toujours magique de ressurgir de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 et de retrouver la m\u00eame rivi\u00e8re paisible, les m\u00eames \u00e9tendues vertes. On a l\u2019impression, \u00e0 chaque fois, de d\u00e9couvrir un jardin secret. Sur les embarcations, les rameurs sont aussi des vendeurs et tout au long du retour, ils essaient de nous s\u00e9duire avec les peintures et les broderies qu\u2019ils ont pris soin d\u2019embarquer avant de partir. Isabelle et Jean-Luc ont craqu\u00e9, pas nous. Bel exploit. De retour \u00e0 notre point de d\u00e9part, et les pourboires distribu\u00e9s, nous retrouvons Tuan pour une ballade \u00e0 pied dans le village. Sur notre parcours, devant une maison qui semble toute neuve, un homme r\u00e9alise un glacis en ciment. Sa m\u00e8re arrive avec une petite moto et un gros bidon plein d\u2019eau. Jean-Luc et moi l\u2019aidons \u00e0 d\u00e9charger et nous \u00e9changeons quelques sourires. Tuan leur parle un peu et l\u2019homme nous invite \u00e0 entrer visiter. L\u2019accueil, toujours l\u2019accueil. Comme il s\u2019appr\u00eate \u00e0 nous offrir le th\u00e9, nous faisons remarquer \u00e0 notre guide que ce n\u2019est pas une bonne id\u00e9e et que le ciment ne peut pas attendre. L\u2019homme sourit aux explications que Tuan lui traduit. Nous faisons quelques photos et nous promettons de les lui envoyer. Puis nous rentrons \u00e0 travers les rizi\u00e8res et les buffles jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4tel. Nous prenons notre repas du soir au m\u00eame endroit qu\u2019\u00e0 midi. Ensuite, j\u2019ach\u00e8te un oreiller en osier. Il se fait tard. Un peu d\u2019\u00e9criture et hop, dans les bras de Morph\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 demain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi 25 mars 2009 &#8211; Jour 13 \u2013 Tam Coc \/ Baie d\u2019Along<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>6 heures 30. R\u00e9veil au chant du coq dans notre jolie chambre. La porte qui donne sur le couloir est double et vitr\u00e9e. C\u2019est un rideau int\u00e9rieur qui assure l\u2019intimit\u00e9. Amusant. Apr\u00e8s avoir pris notre petit d\u00e9jeuner nous reprenons la route. Nous avions demand\u00e9 \u00e0 Tuan s\u2019il \u00e9tait possible de visiter une \u00e9glise catholique, histoire de voir s\u2019il y avait des diff\u00e9rences avec ce que nous connaissions en France. Alors que nous traversons un village, nous en apercevons une, un peu en retrait de la route. Le chauffeur s\u2019arr\u00eate, nous d\u00e9pose, et Tuan s\u2019adresse \u00e0 une femme qui se trouve l\u00e0&nbsp;; Il veut conna\u00eetre le chemin pour s\u2019y rendre.&nbsp;Alors elle nous conduit, puis va demander au responsable de venir nous ouvrir. Il arrive et nous fait visiter. Nous ne sommes plus vraiment seuls. Une dizaine de villageois l\u2019accompagnent. Notre visite termin\u00e9e, Tuan laisse un ou deux billets dans un tronc pr\u00e9vu \u00e0 cet effet. Nous faisons de m\u00eame, nous remercions chaleureusement et nous repartons. Les \u00e9glises catholiques Vietnamiennes ont la m\u00eame architecture classique, mais leur int\u00e9rieur est extr\u00eamement d\u00e9pouill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est treize heures quand nous arrivons, tels des mandarins, \u00e0 notre jonque priv\u00e9e. Hoa Binh, c\u2019est son nom. On nous conduit \u00e0 nos chambres, spacieuses, \u00e0 deux lits, avec salle de bain, toilettes, le grand luxe, surtout que nous disposons, pour nous servir, de cinq hommes d\u2019\u00e9quipage et de notre guide qui nous accompagne. \u00c7a ressemble bien au paradis non&nbsp;? Quand on pense que la salle de restaurant est pr\u00e9vue pour accueillir une vingtaine de personnes, qu\u2019il reste quatre autres chambres non occup\u00e9es et que nous ne sommes que quatre. A l\u2019endroit de l\u2019embarquement, nous sommes entour\u00e9s d\u2019un nombre invraisemblable de jonques identiques \u00e0 la n\u00f4tre, parfois plus grandes encore. La baie d\u2019Ha Long est un haut lieu touristique du Vietnam et nous ne sommes \u00e9videmment pas seuls \u00e0 embarquer et \u00e0 nous \u00e9loigner des quais. Peu \u00e0 peu, les espaces se cr\u00e9ent et nous nous engageons progressivement dans cet univers \u00e9trange de rochers aux formes vari\u00e9es, qui semblent \u00eatre sem\u00e9s \u00e0 l\u2019infini. Au fur et \u00e0 mesure que nous p\u00e9n\u00e9trons dans cette for\u00eat de promontoires, l\u2019horizon se ferme et bient\u00f4t nous sommes cern\u00e9s, incapables de nous retrouver dans ce labyrinthe tellement semblable et tellement changeant, tout \u00e0 la fois. Il ne fait pas beau, il pleut m\u00eame. Cependant, l\u2019ambiance est envo\u00fbtante et nous mitraillons autant que nous pouvons, en prot\u00e9geant les objectifs. Nous faisons remarquer \u00e0 Tuan que les b\u00e2tons d\u2019encens n\u2019ont pas influenc\u00e9 les bons g\u00e9nies qui auraient pu prendre en consid\u00e9ration notre visite et s\u2019arranger pour mettre un peu de soleil dans le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, nous passons \u00e0 table, un peu tard certes, mais nous sommes sur l\u2019eau et nous naviguons.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est un peu plus de seize heures quand nous abordons l\u2019un des innombrables rochers pour y visiter la grotte des surprises. Nous nous attendions \u00e0 un petit trou dans un caillou et nous d\u00e9couvrons un espace souterrain surprenant, avec des concr\u00e9tions calcaires tr\u00e8s vari\u00e9es et des salles immenses dont la premi\u00e8re contient un lac d\u2019eau douce. La grotte s\u2019\u00e9l\u00e8ve au sein du bloc et une sortie \u00e0 l\u2019air libre nous offre un point de vue sur la zone d\u2019appontement o\u00f9 est attach\u00e9e notre jonque. Une photo s\u2019impose.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit arrive vite sous ses latitudes et nous partons vers un autre lieu o\u00f9 nous allons mouiller pour la nuit. Nous esp\u00e9rions, et nous l\u2019avons demand\u00e9 \u00e0 notre guide, passer une nuit dans un endroit isol\u00e9 o\u00f9 il n\u2019y aurait eu que nous mais ce n\u2019est pas possible, car l\u2019ensemble de la baie d\u2019Ha Long est sous le contr\u00f4le des affaires maritimes Vietnamiennes et les lieux de s\u00e9jours sont r\u00e9pertori\u00e9s et peu nombreux. C\u2019est donc avec beaucoup d\u2019autres jonques que nous allons passer la nuit, au pied d\u2019un rocher qui porte \u00e0 son sommet un kiosque o\u00f9 nous sommes cens\u00e9s grimper demain. Mais c\u2019est un autre jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019instant, notre second repas de la journ\u00e9e nous attend. Et m\u00eame si nous ne sommes pas seuls au monde, c\u2019est quand m\u00eame pas mal du tout d\u2019\u00eatre l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jeudi 26 mars 2009 \u2013 Jour 14 \u2013 Baie d\u2019Along \/ Ha Noi \/ Lao Cai<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est 7 heures 30 quand l\u2019activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 bord me r\u00e9veille. Nous sommes dans notre jonque, quelque part dans la baie d\u2019Ha Long, et le soleil \u2026 n\u2019est toujours pas l\u00e0. Enfin, il ne pleut plus. Mais bon, la preuve est faite que Boudha, les g\u00e9nies, J\u00e9sus, personne n\u2019y fait rien. Les v\u0153ux ne sont pas exauc\u00e9s. Tant pis, le petit d\u00e9jeuner est bon \u00e0 prendre dans notre salle de restaurant panoramique. L\u2019\u00eele de Titof, appel\u00e9e ainsi en l\u2019honneur de l\u2019astronaute russe, porte en son sommet une pagode, pr\u00e9texte \u00e0 une grimpette de 400 marches assez raides qui nous permettent d\u2019avoir un point de vue remarquable malgr\u00e9 le temps gris et les horizons peu d\u00e9gag\u00e9s. De retour au bateau, le capitaine nous prom\u00e8ne entre les blocs, nouveau pr\u00e9texte \u00e0 augmenter notre capital clich\u00e9s. Comme il ne pleut plus, nous voyageons sur le pont sup\u00e9rieur et les filles profitent de ce moment paisible pour se laisser aller sur les banquettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9barcad\u00e8re, le Ford Transit nous attend. Petit arr\u00eat un kilom\u00e8tre plus loin pour d\u00e9jeuner au Cat Ba\u00ef et nous reprenons le chemin du retour vers Hanoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il faut faire une pause pipi, c\u2019est l\u2019occasion de visiter une sorte de grande surface o\u00f9 se trouve un atelier de broderie et un autre de laquage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019arriv\u00e9e sur Hanoi nous traversons le fleuve rouge et nous apercevons un autre pont tr\u00e8s long. Il s\u2019agit du pont Paul Doumer, construit par les Fran\u00e7ais au moment de leur occupation coloniale, quand on appelait encore cette r\u00e9gion l\u2019Indochine. Ce soir, nous l\u2019emprunterons dans l\u2019autre sens, quand nous serons dans le train.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, nous entreposons nos bagages \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Hong Ngnoc et nous partons faire une visite de la vieille ville. Sur les conseils de Tuan, nous nous rendons dans un restaurant rustique, cent pour cent Vietnamien. Nous sommes install\u00e9s sur le trottoir, au raz du sol, sous le regard amus\u00e9 des clients habituels. Le repas est excellent et le prix d\u00e9risoire. Nous paierons, pour quatre, bi\u00e8res comprises, 192 000 VietNamDong soit environ 9 euros.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme notre r\u00e9serve d\u2019argent liquide avait un peu fondu, nous avons demand\u00e9 \u00e0 Tuan de nous conduire dans un bureau de change. Nous f\u00fbmes tr\u00e8s surpris de nous retrouver dans une bijouterie qui, de surcro\u00eet, pratiquait un taux plus int\u00e9ressant que les banques.<\/p>\n\n\n\n<p>20 heures 30. Nous sommes assis dans le hall de la gare d\u2019Hanoi, sur des si\u00e8ges en plastique bleu. La salle d\u2019attente est plus petite que celle de Grenoble. Beaucoup de personnes assises attendent le train qui doit partir \u00e0 21 heures 15. Deux \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9 fix\u00e9s au mur diffusent deux programmes diff\u00e9rents. Cinq touristes viennent de rentrer dans la gare. Eux aussi vont \u00e0 Lao Ca\u00ef, presque \u00e0 coup s\u00fbr. Et puis, sans trop savoir pourquoi, Tuan nous invite \u00e0 le suivre. Nous pr\u00e9sentons nos billets et nous traversons quelques voies, des quais, sans trop savoir o\u00f9 nous allons, sans que rien ne semble indiqu\u00e9, pour finalement arriver le long de wagons qui, nous dit Tuan, sont les n\u00f4tres. Nous grimpons \u00e0 bord, nous glissons nos bagages de voyage dans le compartiment, nous nous r\u00e9partissons les couchettes et \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 demain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vendredi 27 mars 2009 \u2013 Jour 15 \u2013 Lao Cai \/ Sapa<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>5 heures 30. Arriv\u00e9e mouvement\u00e9e. On cogne \u00e0 la porte du compartiment. \u00ab&nbsp; Lao Ca\u00ef&nbsp;! Lao Ca\u00ef&nbsp;!&nbsp;\u00bb Nous sommes arr\u00eat\u00e9s en gare de Lao Ca\u00ef et encore endormis dans nos sacs de couchage. Il y a un peu d\u2019urgence car, bien qu\u2019arriv\u00e9 au terminus, le train ne doit pas rester tr\u00e8s longtemps a quai.<\/p>\n\n\n\n<p>Dehors, la pluie nous attend, ainsi que le chauffeur de notre minibus qui lui, a fait le voyage par la route et a roul\u00e9 9 heures pour nous rejoindre. Il fait nuit et la route pour Sapa est une vraie route de montagne, pentue et tortueuse. Les terrasses des rizi\u00e8res apparaissent peu \u00e0 peu, au fur et \u00e0 mesure que le jour se l\u00e8ve et que nous \u00e9mergeons des bancs de nuages qui tra\u00eenent \u00e0 moyenne altitude. Le chauffeur roule plein phare et double \u00e0 la mont\u00e9e sans se faire le moindre souci. Juste un petit coup de klaxon dans les virages sans visibilit\u00e9, histoire d\u2019avertir celui qui descendrait que la route n\u2019est pas tout \u00e0 fait libre. Apparemment le truc fonctionne. Il faut juste s\u2019habituer. \u00c0 la montagne aussi, le style Vietnam est un peu sp\u00e9cial.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour est lev\u00e9 quand nous arrivons \u00e0 notre h\u00f4tel, le Royal H\u00f4tel View. Il est 6 heures 30 et nous prenons notre petit d\u00e9jeuner. La pluie ne nous d\u00e9courage pas et nous entreprenons notre premi\u00e8re ballade \u00e0 pied dans la montagne environnante. Une longue descente suivie d\u2019une longue remont\u00e9e sur le flanc oppos\u00e9 nous permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un village o\u00f9 nous avons l\u2019occasion de rentrer dans une maison. Il s\u2019agit d\u2019ethnies qui vivent ici et nous d\u00e9couvrons leur habitat, leur mode de vie. Comme partout dans ce pays, l\u2019eau est omnipr\u00e9sente, sous forme de torrents que l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 des hommes utilisent, ici pour remonter l\u2019eau avec une roue \u00e0 aubes, l\u00e0 pour animer un pilon, ici encore pour irriguer les rizi\u00e8res. Sur le chemin du retour, une \u00e9cole nous attire. C\u2019est l\u2019heure de la r\u00e9cr\u00e9ation et l\u2019animation est importante. Les enfants qui nous paraissent tr\u00e8s jeunes ont en fait entre onze et quinze ans. Gar\u00e7ons et filles m\u00e9lang\u00e9s. Les classes sont rustiques mais les livres et les cahiers nombreux.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce d\u00fb \u00e0 notre pr\u00e9sence&nbsp;? En tout cas, \u00e0 la fin de la r\u00e9cr\u00e9, et avant de regagner les salles, le directeur de l\u2019\u00e9cole rassemble tous les \u00e9l\u00e8ves et leur fait un discours assez long. Notre guide nous explique ensuite qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une mise en garde et d\u2019un rappel des sanctions qui seraient prises contre les familles qui n\u2019enverraient pas leurs enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Retour \u00e0 l\u2019h\u00f4tel o\u00f9 nos chambres sont pr\u00eates. Douche. Tuan nous a donn\u00e9 rendez-vous \u00e0 12 heures 45, il est dix heures alors\u2026 dodo. On ne dort pas trop bien dans un train couchette, et \u00e7a n\u2019a rien \u00e0 voir avec le fait d\u2019\u00eatre au Vietnam.<\/p>\n\n\n\n<p>Le repas est pris dans un petit restaurant fort sympathique. Puis nous attaquons la ballade de l\u2019apr\u00e8s midi, un sommet derri\u00e8re le village o\u00f9 est pos\u00e9 un kiosque. Pour s\u2019y rendre nous traversons une succession de jardins botaniques tr\u00e8s bien entretenus. Le point de vue est agr\u00e9able, dommage que le beau temps ne soit pas de la partie, m\u00eame si la pluie a cess\u00e9. Nos redescendons au village o\u00f9 nous retrouvons les rues anim\u00e9es et, bien s\u00fbr, l\u2019\u00e9ternel march\u00e9. Notre p\u00e9riple s\u2019ach\u00e8ve devant un cocktail \u00e0 la terrasse d\u2019un bar \u00e0 touristes. Quelques photos suppl\u00e9mentaires viennent enrichir notre collection de personnages hauts en couleurs. Les femmes d\u2019ici sont toutes habill\u00e9es en costumes traditionnels diff\u00e9rents d\u2019une ethnie \u00e0 l\u2019autre. Elles cherchent \u00e0 vendre leur production. Les touristes sont des proies int\u00e9ressantes et pas trop r\u00e9calcitrantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le repas du soir, nous le prendrons dans le m\u00eame restaurant qu\u2019\u00e0 midi. Sauf que ce soir, nous laissons de c\u00f4t\u00e9 les bi\u00e8res et nous pr\u00e9f\u00e9rons prendre une bouteille de vin de pays. Comme le patron est content de nous avoir \u00e0 nouveau comme client, il arrive, \u00e0 la fin du repas, avec sa bouteille de sak\u00e9 et \u2026 bon, d\u2019accord, nous tenons assez bien la distance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est 21 heures. Je finis d\u2019\u00e9crire ces quelques notes et je vous souhaite une bonne nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Samedi 28 mars 2009 \u2013 Jour 16 &#8211; Sapa<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sapa.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil \u00e0 7 heures 45 apr\u00e8s une belle et longue nuit et une seule rupture, un appel t\u00e9l\u00e9phonique au beau milieu de la nuit. Une erreur venue de \u00ab&nbsp;France&nbsp;\u00bb et qui a d\u00fb me gr\u00e9ver un peu mon forfait. Apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner tr\u00e8s agr\u00e9able, comme d\u2019habitude nous partons avec le minibus qui nous d\u00e9pose un peu plus loin, au d\u00e9part d\u2019un chemin qui va nous conduire de villages en villages, \u00e0 travers une large vall\u00e9e o\u00f9 les rizi\u00e8res abondent. Apr\u00e8s une ballade d\u2019environ deux heures nous retrouvons notre chauffeur qui nous ram\u00e8ne au restaurant Red Dao Houge. Un moment exceptionnel, depuis le premier plat jusqu\u2019au caf\u00e9 au go\u00fbt vanill\u00e9. Mais ce soir nous dormons \u00e0 Bac Ha et nous devons, pour ce faire, redescendre \u00e0 Lao Ca\u00ef pendant une quarantaine de kilom\u00e8tres avant de remonter vers notre but.<\/p>\n\n\n\n<p>En passant pr\u00e8s du pont qui enjambe la Nahm Ty et qui permet de passer en Chine, nous observons le trafic d\u2019objet manufactur\u00e9s que les Vietnamiens ram\u00e8nent sur des chariots de fortunes et des v\u00e9los bricol\u00e9s&nbsp;; Mais un temple tao\u00efste attire notre attention. Il s\u2019agit de la c\u00e9r\u00e9monie pr\u00e9paratoire \u00e0 un mariage. Nous faisons quelques photos et Jean-Luc et le guide finissent par se glisser dans le temple, parmi les gens, et se m\u00ealent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie. Quand ils reviennent, ils ont gagn\u00e9 chacun cinq mille VietNamDongs. C\u2019est un rituel, ici, on distribue de l\u2019argent aux personnes pr\u00e9sentes, gage de bonheur et de prosp\u00e9rit\u00e9. Voil\u00e0 comment on peut s\u2019enrichir au Vietnam.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous remontons dans notre minibus et nous longeons pendant quelques kilom\u00e8tres la rivi\u00e8re Nahm Ty, affluent du Fleuve Rouge, fronti\u00e8re naturelle avec la Chine. Ensuite nous attaquons la montagne et une route particuli\u00e8rement difficile parce qu\u2019en chantier. \u00c0 sept kilom\u00e8tres de Bac Ha nous passons le col et nous arrivons \u00e0 la ville o\u00f9 notre h\u00f4tel nous attend. Sur les conseils du guide Lonely Plan\u00e8te, nous demandons une chambre dans la partie en bois. Grave erreur. Le guide du Routard, qui avait raison, conseillait l\u2019inverse. Tant pis, les chambres sont quand m\u00eame pr\u00e9vues pour y dormir.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il n\u2019y a pas de restaurants particuli\u00e8rement int\u00e9ressant dans cette ville nous d\u00e9jeunons \u00e0 celui de l\u2019h\u00f4tel. C\u2019est un hall de gare comble et tr\u00e8s bruyant. Les cuisines semblent d\u00e9bord\u00e9es et nous attendons longtemps, pour la premi\u00e8re fois de notre s\u00e9jour, d\u2019\u00eatre servi. Nous avons tant et tant attendu que l\u2019on nous offre quatre bananes en prime. Nous ratons du m\u00eame coup le d\u00e9but du spectacle qui \u00e9tait pr\u00e9vu devant l\u2019h\u00f4tel. Pas de regret, car les danseuses et le niveau g\u00e9n\u00e9ral est m\u00e9diocre. Je me retrouve embarqu\u00e9 dans une farandole \u00e0 la mode d\u2019ici, tr\u00e8s ennuyeuse. Nous fuyons avant la fin et nous allons nous r\u00e9fugier dans nos chambres. Demain, \u00e0 6 heures 30 nous devons \u00eatre \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre, car le march\u00e9 de Ba Ha nous attend.<\/p>\n\n\n\n<p>Dormez bien&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dimanche 29 mars 2009 \u2013 Jour 17 \u2014 Bac Ha \/ Thac Ba<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>6 heures, la musique se met en route et nos r\u00e9veils r\u00e9gl\u00e9s sur la demie ne nous servent pas \u00e0 grand-chose. Alors une petite douche et nous voil\u00e0 partis \u00e0 traquer la photo du si\u00e8cle sur le fameux march\u00e9 des femmes fleurs. Nous sommes tellement matinaux que les \u00e9tals ne sont pas encore vraiment install\u00e9s. Apr\u00e8s ce premier tour, nous revenons prendre le petit d\u00e9jeuner \u00e0 l\u2019h\u00f4tel avant de repartir de plus belle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est 9 heures 30 quand nous reprenons la route qui va \u00e0 Thac B\u00e2. Route de montagne, bien s\u00fbr, mais en travaux sur des dizaines de kilom\u00e8tres. Un v\u00e9ritable parcours du combattant. Avant le repas de midi, nous nous arr\u00eatons sur le bord de la route pour go\u00fbter aux sabotines. Tuan en ach\u00e8te pour sa femme. Un peu plus loin, nous visitons un village accroch\u00e9 au flanc d\u2019une colline. La maison que nous visitons a son sol en terre battue et\u2026 un poste de t\u00e9l\u00e9vision. Un monde de contraste permanent entre la modernit\u00e9 et une forme ancienne et rustique de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous arrivons ensuite dans un village o\u00f9 nous nous arr\u00eatons pour d\u00e9jeuner. Passage par les cuisines, pour choisir les mets, puis escalier monumental qui nous am\u00e8ne dans la salle du restaurant d\u2019o\u00f9 nous d\u00e9couvrons le fleuve. Une petite promenade digestive dans les rues de cette petite bourgade nous permet de faire connaissance avec un marchand de bois qui nous fait une d\u00e9monstration de sa scie horizontale qui lui sert \u00e0 d\u00e9biter les planches \u00e0 partir d\u2019un tronc. Plus loin, nous visitons une petite exploitation de cannelle et une vieille femme nous montre comment on r\u00e9cup\u00e8re l\u2019\u00e9corce pour ensuite la faire s\u00e9cher. Plus loin, alors que nos avions repris la route, c\u2019est une plantation de th\u00e9 qui nous arr\u00eate. La propri\u00e9taire nous explique qu\u2019elle ramasse tous les jours les feuilles arriv\u00e9es \u00e0 leur terme puis elle nous invite \u00e0 entrer chez elle. Par terre, sa cueillette du jour est en train de s\u00e9cher.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus en plus sauvage, de plus en plus surprenante, la route nous conduit peu \u00e0 peu vers une r\u00e9gion sauvage o\u00f9 reparaissent des maisons sur pilotis. Apr\u00e8s un parcours encore difficile \u00e0 cause de chantiers de r\u00e9novation des routes, nous redescendons dans une vall\u00e9e. Les premi\u00e8res anses du lac apparaissent et \u2026 une usine, si l\u2019on peut employer ce terme, de fabrication de brique. Nous nous arr\u00eatons pour regarder comment, avec des outils d\u00e9risoires, une \u00e9quipe d\u2019une dizaine d\u2019hommes mettent en forme, font s\u00e9cher et cuisent des centaines de briques.<\/p>\n\n\n\n<p>Encore quelques kilom\u00e8tres et nous arrivons enfin au terme de notre voyage, dans la tribu des <em>Drao \u00e0 pantalon blanc<\/em>, pour notre seconde nuit chez l\u2019habitant. Si les maisons sont construites sur un principe semblable que la premi\u00e8re fois chez les M\u2019nong, nous nous apercevons tr\u00e8s vite que notre soir\u00e9e et notre nuit seront tout autre. Les habitants sont tr\u00e8s courtois et les filles se retrouvent vite en cuisine, \u00e0 apprendre \u00e0 confectionner les nems. Nous retrouvons sur place un autre groupe de touristes. Ils voyagent dans le m\u00eame esprit que nous, mais ils sont six au lieu de quatre. Ce sont des routards qui ont d\u00e9j\u00e0 un sacr\u00e9 paquet de voyage au compteur. C\u2019est tous ensemble, avec nos guides respectifs, les deux chauffeurs, nos h\u00f4tes et leurs enfants que nous allons partager le repas, le sake, la chartreuse verte que Jean-Luc extirpe de son sac et finalement la chambre. Quelle soir\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Aux premiers ronflements venus d\u2019en face, j\u2019ajoute les miens et \u2026 pouf je dors.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lundi 30 mars 2009 \u2013 Jour 18 \u2013 Thac Ba \/ Ha Noi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil chez l\u2019habitant. Il est 6 heures 30 et la nuit a \u00e9t\u00e9 bonne, malgr\u00e9 les dix-huit personnes qui dormaient dans la m\u00eame pi\u00e8ce. Les matelas \u00e9taient confortables, les moustiquaires efficaces, les animaux silencieux, sauf quelques coqs qui, myst\u00e9rieusement, se sont mis \u00e0 chanter au beau milieu de la nuit, avant de r\u00e9aliser que le jour \u00e9tait encore loin.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous prenons le petit d\u00e9jeuner dehors, sur une terrasse en pierre qui surplombe une rizi\u00e8re. Un petit c\u00f4t\u00e9 Durassien&nbsp;; La ma\u00eetresse de maison nous a pr\u00e9par\u00e9 des cr\u00eapes et du miel. Ensuite, nous rejoignons une pirogue qui nous permettra de faire une longue ballade sur le lac. Le d\u00e9but est assez acrobatique mais le reste du parcours est splendide. Nous d\u00e9couvrons une \u00e9tendue d\u2019eau sem\u00e9e d\u2019\u00eeles en forme de bols renvers\u00e9s sur lesquelles sont plant\u00e9es des arbres qui sont ensuite exploit\u00e9s. \u00c0 ce moment pr\u00e9cis, nous mesurons soudain \u00e0 quel point ce voyage est agr\u00e9able, reposant, malgr\u00e9 le rythme soutenu. Ce lieu particuli\u00e8rement paisible y est sans doute pour quelque chose dans cette impression collective. Mais cela ne suffit pas pour expliquer la qui\u00e9tude ressentie. Sans doute que la bonhomie vietnamienne y est pour quelque chose. La bonhomie et la gentillesse. En fait tout se passe ici comme si chaque probl\u00e8me allait trouver sa solution. \u00c9trange m\u00e9lange de spiritualit\u00e9 et de vie tr\u00e9pidante, o\u00f9 l\u2019\u00e9quilibre n\u2019est pas encore rompu.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de ce p\u00e9riple aquatique, nous accostons dans un des nombreux \u00eelets o\u00f9 deux femmes piochent la terre. Il s\u2019agit d\u2019une grand-m\u00e8re et de sa petite fille. Elles pr\u00e9parent le terrain pour planter des cacahu\u00e8tes. Elles sont venues en barque. Elles disposent d\u2019un petit abri de chaume pour se tenir \u00e0 l\u2019ombre, car le bois de l\u2019\u00eele a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 et le repiquage n\u2019est pas encore fait pour une nouvelle r\u00e9colte. Tuan parle avec elles de leur travail, elles s\u2019arr\u00eatent un instant, sourient \u00e0 ce qu\u2019il leur raconte et puis se remettent \u00e0 piocher tandis que nous repartons. De retour \u00e0 la maison de nos h\u00f4tes, nous retrouvons l\u2019autre groupe de Fran\u00e7ais qui nous ont devanc\u00e9s. Nous leur souhaitons une bonne continuation, car les veinards ne sont qu\u2019au d\u00e9but de leur p\u00e9riple. Comme Martine s\u2019\u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 au costume que portent les femmes du village, la ma\u00eetresse de maison invite les filles \u00e0 passer un costume et c\u2019est l\u2019occasion de faire quelques clich\u00e9s. Tuan, adorable et toujours plein d\u2019attention, a lui aussi pass\u00e9 un costume.<\/p>\n\n\n\n<p>Les bagages charg\u00e9s et les adieux faits, nous reprenons la route d\u2019Hanoi. \u00c0 midi, l\u2019arr\u00eat dans un restaurant tr\u00e8s typique nous permet de d\u00e9couvrir d\u2019autres plats. Il est 17 heures lorsque nous posons nos bagages \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. Ici, maintenant, nous sommes connus et nous avons nos habitudes. Une petite connexion Internet, une douche, un petit moment d\u2019\u00e9criture et nous voil\u00e0 de nouveau assis dans notre restaurant vietnamien, sur le trottoir, dans le va-et-vient de ceux qui arr\u00eatent leur moto et leur scooter le temps d\u2019acheter un plat ou deux et de repartir. Nous avons notre pr\u00e9f\u00e9rence pour des tomates farcies, des calamars, du poulet, des patates douces et \u2026 du riz. Le tout arros\u00e9 de bi\u00e8re, bien sur. Il nous reste a all\u00e9 voir un spectacle de marionnettes sur l\u2019eau. Mais d\u2019abord un d\u00e9tour par la case \u00ab&nbsp;glaces et sorbets&nbsp;\u00bb&nbsp;s\u2019impose. L\u00e0 aussi, nous avons nos habitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il pleut l\u00e9g\u00e8rement quand nous sortons. Pour ce qui est du spectacle, hormis la difficult\u00e9 \u00e9vidente pour les manipulateurs, nous restons un peu perplexes. Notre culture est tellement loin de tout \u00e7a&nbsp;! Et puis nous sommes trop grands pour leurs fauteuils. Cinquante-cinq minutes avec les genoux sous le menton, c\u2019est long.<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, les lits sont aux normes europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mardi 31 mars 2009 \u2013 Jour 19 \u2013 Ha Noi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9veil \u00e0 6 heures. Une nuit de b\u00e9b\u00e9 pour Martine et pour moi, moins bonne pour Isabelle et donc pour Jean-Luc. Le monde est injuste et cruel. Apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, nous r\u00e9digeons un mot pour Tuan et notre chauffeur que nous leur remettrons dans une enveloppe au moment du d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est 9 heures 30 et comme pr\u00e9vu Tuan arrive. Nous avons la possibilit\u00e9 de garder la chambre jusqu\u2019\u00e0 18 heures ce qui va nous permettre de prendre une douche et de ranger nos derniers achats avant de partir pour l\u2019a\u00e9roport. Eh oui, ce soir, \u00e0 23 heures 25 nous quittons le sol vietnamien pour rejoindre celui de la France. Sniff&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais des choses tr\u00e8s tr\u00e8s s\u00e9rieuses nous attendent. Nous sommes en rang, deux par deux, la t\u00eate nue, les bras le long du corps, avec l\u2019interdiction formelle de parler, de tousser, de respirer\u2026 non, pas tout \u00e0 fait mais quand m\u00eame. Et nous d\u00e9filons de la sorte, les uns derri\u00e8re les autres, au milieu d\u2019une foule qui s\u2019organise d\u00e9j\u00e0 dehors avant de p\u00e9n\u00e9trer dans le mausol\u00e9e o\u00f9 repose la d\u00e9pouille momifi\u00e9e de Ho Chi Minh. Et c\u2019est curieux de penser que cet homme, mort depuis tant d\u2019ann\u00e9es, et qui voulait que les cendres de son corps incin\u00e9r\u00e9 soient r\u00e9parties sur les diff\u00e9rentes r\u00e9gions de son pays pour lequel il avait tellement \u0153uvr\u00e9, se retrouve ainsi, expos\u00e9 contre ses derni\u00e8res volont\u00e9s, dans un d\u00e9cor \u00e0 ce point aust\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>La visite de l\u2019endroit o\u00f9 il s\u00e9journait quand il \u00e9tait \u00e0 Hano\u00ef est beaucoup plus paisible. On y d\u00e9couvre un lieu simple, sans confort, \u00e0 l\u2019image de l\u2019homme qu\u2019il \u00e9tait tout au long de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre visite au mus\u00e9e ethnographique est un peu plus rapide, mais nous consacrons un peu plus de temps \u00e0 visiter les diff\u00e9rentes formes de maisons traditionnelles, aux formes parfois spectaculaires, comme la maison commune des Bah Nav.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous l\u2019avions r\u00e9clam\u00e9, \u00e0 cor et \u00e0 cri. Nous y sommes. Tuan connaissait un endroit o\u00f9 l\u2019on pr\u00e9pare et o\u00f9 l\u2019on peut d\u00e9guster le Ph\u00f4 (prononcer feu), le vrai, l\u2019unique, le Ph\u00f4 de Dieu. Ici, cette soupe de nouilles mythique est pr\u00e9par\u00e9e et servie de 5 heures 30 \u00e0 16 heures, tous les jours. Et on ne vous propose rien d\u2019autre. C\u2019est le Ph\u00f4 ou rien. Et c\u2019est un r\u00e9gal de partager cet instant avec notre guide et le chauffeur. Ensuite nous irons boire le Ca Ph\u00ea un peu plus loin, sur le trottoir, dans un petit bistrot o\u00f9 la salle contient \u00e0 peu pr\u00e8s autant de motos que de tables. Car ici, on ne plaisante pas avec la chose la plus importante apr\u00e8s le culte des anc\u00eatres, j\u2019ai nomm\u00e9 le deux roues motoris\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous poursuivons notre derni\u00e8re journ\u00e9e par la visite de la Pagode de l\u2019\u00e9p\u00e9e restitu\u00e9e. L\u2019histoire raconte qu\u2019une tortue g\u00e9ante\u2026 Je ne suis pas certain que l\u2019histoire soit v\u00e9ridique mais ce qui est s\u00fbr c\u2019est que le lac qui entoure la pagode abrite des tortues d\u2019eau de taille tr\u00e8s respectable. Nous ne les verrons pas, mais des photographies ont \u00e9t\u00e9 prises qui l\u2019atteste.<\/p>\n\n\n\n<p>Au supermarch\u00e9 du coin, nous faisons provision de nouilles et autres produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 pour le futur repas organis\u00e9 d\u00e8s le retour, histoire de chasser la nostalgie pr\u00e9visible. Il reste quelques VietNamDongs \u00e0 d\u00e9penser avant de partir. Un dernier repas sur le trottoir o\u00f9 nous avons notre place r\u00e9serv\u00e9e, une derni\u00e8re glace et c\u2019est l\u2019heure de grimper encore une fois dans notre minibus. Nous arrivons bon derniers et comme il n\u2019y a de la chance que pour les attard\u00e9s, on nous installe, pour le m\u00eame prix, dans une classe dite \u00c9conomique de luxe. Le terme est amusant mais les avantages sont r\u00e9els, en particulier l\u2019espace entre les fauteuils est nettement plus important, ce qui permet d\u2019allonger les jambes, et ce n\u2019est pas un gadget quand on s\u2019appr\u00eate \u00e0 voyager pendant douze heures.<\/p>\n\n\n\n<p>Les adieux avec Tuan, rest\u00e9 avec nous jusqu\u2019au bout sont tr\u00e8s \u00e9mouvants. Nous nous \u00e9tions attach\u00e9 \u00e0 ce jeune homme aux allures de b\u00e9b\u00e9 joufflu mais tellement professionnel et pr\u00e9venant.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9collage \u00e0 l\u2019heure pr\u00e9vue. Il ne nous reste plus qu\u2019\u00e0 rester Zen autant que faire se peut pour des Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi 1<\/strong><sup><strong>er<\/strong><\/sup><strong> avril 2009 \u2013 Jour 20 \u2013 Paris Charles de Gaulle \/ Lyon \/ Grenoble<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis dans le TGV qui nous ram\u00e8ne vers Lyon. Il y a peu de monde \u00e0 bord et nous avons pu nous r\u00e9pandre et nous \u00e9tendre. Nous somnolons. Il faisait cinq degr\u00e9s ce matin en arrivant \u00e0 Roissy. D\u00e9cid\u00e9ment, rien n\u2019a chang\u00e9 en vingt jours, et l\u2019\u00e9cart de temp\u00e9rature reste le m\u00eame. Malgr\u00e9 l\u2019espace un peu plus grand entre les si\u00e8ges, la nuit a \u00e9t\u00e9 difficile. Douze heures dans un avion, c\u2019est long, quel que soit le sens du voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ciel est un peu brumeux mais le soleil est l\u00e0. Maintenant, il va falloir se recaler et\u2026 trier les photos. Quel boulot&nbsp;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>13mars 2009 \u2013 jour 01 \u2014 Grenoble \/ Lyon \/ Paris Charles de Gaulle envol pour Ho Chi Minh Ville. 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